Entrevue avec un vampire - partie 3

Par: Léandre Porter
Journaliste : Bonjour Comte, je vois que vous commencez à prendre goût a nos rencontres, voilà que vous appelez pour devancer notre entretien, j’avoue que cela m’étonne beaucoup. Comte : Vous n’y êtes pas Léandre, si je vous ai demandé de faire cette entrevue plus tôt, c’est uniquement à cause d’obligations familiales. Journaliste : Familiale ? Comte, essayez-vous de me dire que vous avez une famille ?
Comte : Bien sûr, que j’ai une famille. Une femme et trois garçons. Journaliste : Ah ben ça alors… ! Ça doit être beau à voir, 5 vampires ensemble ! Comte : (rire) Ma femme et mes gosses sont aussi humains que vous ne l’êtes, ma petite Léandre. Journaliste : Oh la la ! Je veux tout savoir ! Dites-moi Comte, quel genre de femme peut s’intéresser à un type comme vous ? Racontez-nous comment vous avez pu convaincre cette…euh…femme, de vous épouser ? Comte : Et bien voilà…

Lorsqu’elle entra dans la salle où je me trouvais, je l’ai remarqué et désiré tout de suite. Elle avait un magnifique sourire, un long cou, elle était tout simplement parfaite.

Contrairement à la plupart des femmes, elle ne prit pas peur lorsqu’elle me vit. Au contraire, elle me fit un grand sourire, lorsque je l’abordai, et fut d’une grande gentillesse. Nous avons bavardé un bon moment, assez du moins pour échanger nos coordonnés. Elle était absolument délicieuse.

Au début, j’avais terriblement envie de mordre son adorable cou, mais aussi, j’avais très envie d’elle, physiquement on s’entend. Elle n’était pas du genre facile, alors pour toutes ces raisons j’ai continué à la fréquenter.

Je ne vous cacherai pas que je devais me faire violence pour ne pas la mordre. Je n'avais jamais connu cela avant. Me retenir comme ça, cela ne me ressemblait pas du tout. Je voyais bien que cette fille superbe, tombait tranquillement amoureuse de moi, et curieusement j’aimais cette sensation. C’était nouveau pour moi. Très peu de gens vous aiment lorsque vous êtes vampire.
Journaliste : Elle n’avait pas peur de vous ? Elle devait bien voir que vous étiez un vampire non ? Comte : Elle n’avait pas peur. Au début je ne comprenais pas pourquoi. J’ai appris beaucoup plus tard, qu’elle ne savait même pas ce qu’était un vampire. Elle trouvait que j’avais un drôle de teint. D’ailleurs, elle m’appelait avec affection " mon beau Comte tout gris " Journaliste : Ouf, quelle drôle de fille quand même... ! Continuez Comte…

Nous nous fréquentions depuis un peu plus d'une semaine, lorsqu'elle me proposa d’emménager avec elle. J’ai sauté sur l’occasion, et accepté son invitation, je voyais là un bon moyen de l’avoir enfin dans mon lit. Je lui fit même une demande de fiançailles, pour hum.. Disons accélérer les choses…Ce qu’elle appelait sa maison, ne me convenait pas. Alors j’ai fait construire une véritable maison, mieux adaptée à ma condition.
Journaliste : Wow, une maison ! Mais dites-moi, vous n’aviez pas déjà une maison avant, pourquoi ne pas avoir emménagé dans celle-là.

Eh bien, je ne voyais pas ma fiancée vivre là ! J’avais enterré 3 ou 4 victimes dans la cour. Cette maison était devenue pratiquement inhabitable, hantée par les fantômes de ces femmes. J’avais déjà prévu de déménager, alors...

Ma fiancée se retrouva bien vite enceinte. J’ai donc décidé de la demander en mariage. Je suis un homme de principe moi. J’ai toujours cru que lorsque l’on a des enfants, il faut se marier. Pas question que qui que ce soit ne traite mes enfants de bâtards.
Journaliste : Au départ vous rêviez de la mordre et de la mettre dans votre lit. Puis vous l’avez épousé. Vous étiez donc amoureux d’elle ?

Mais pas du tout ! Ce n’est pas ça ! Disons que je trouvais ça plaisant au lit avec elle, et que je n’avais pas fini d’en faire le tour. J’avais constamment envie d’elle. Aussi, il m’était agréable de vivre avec quelqu’un. On se lasse vite de la solitude.
Je m’étais donné beaucoup de mal, pour cacher à ma femme ma condition. Je lui avais fait croire que j’étais allergique au soleil, et que la pièce où était mon cercueil était mon bureau. Elle me trouvait vraiment très vaillant, puisque j’y passais la journée. Je devais être prudent, en particulier le matin. Quand le jour se levait, et que la lumière m’éblouissait, j’essayais de faire en sorte qu’elle ne soit pas dans la même pièce que moi. Cela ne fonctionnait pas toujours. Elle s’inquiétait alors beaucoup de me voir plier en deux comme ça.

Et puis un jour, elle est entrée dans mon bureau. La pauvre elle a eut une de ses frousses (rire). Alors là j’ai du inventer toute une histoire ! Heureusement elle gobe à peu près n’importe quoi. Je l’ai assuré que bien que j'étais un vampire, je ne mordais pas. (rire) Un vampire qui ne mord pas, vous pouvez imaginer ça vous ? (Rire) Elle si ! Elle croit n’importe quoi ! (éclat de rire)

Pendant quelque temps, tout alla bien. Puis j’ai fait l’idiot. J’ai mordu sa meilleure amie, et comme un imbécile je lui ai laissé la vie. Quel abruti ! Evidemment la petite garce est venue tout raconter à ma femme. Celle-ci, n'a rien trouvé de mieux que de me mettre à la porte de ma propre maison. Nous nous sommes séparé pendant quelques mois. J’ai passé mes soirées et mes nuits à surveiller la maison, je surveillais tout ce qu’elle faisait. J’attendais le bon moment pour la reconquérir.
Journaliste : Vous l’aviez bien mérité. J’aurais fait la même chose. Seule différence, moi je ne vous aurais pas repris !

Vous êtes marrante ! Voyez-vous, ma femme était encore enceinte, et elle ne s’en sortait pas très bien toute seule. Ma femme n’est pas disons, hum… très maligne ! Elle est assez naïve. J’étais là pour voir mon fils, et la nounou m’avisa que ma femme n’allait pas bien. J’ai donc, déployé tout mon charme pour la convaincre de me laisser revenir. (rire) Ce fut presque trop facile pour un homme qui aime les défis comme moi.
Journaliste : Quelle histoire, ! Vraiment Comte, je ne sais plus trop quoi penser. Mais dites-moi alors, vous n’avez plus envie de la mordre votre femme, je veux dire l’envie est passé ?

Oh que non ! J’en ai envie souvent, tout le temps même. C’est une bataille constante croyez-moi. Surtout lorsqu’elle est dans mes bras, et que je la tiens tout contre moi.

Parfois, je suis extrêmement tenté, même que je la mords un peu dans le cou . Quand je la sens se raidir, je la relâche. C’est vraiment excitant, mais cela exige énormément de contrôle de ma part.
Journaliste : Pourquoi ne la mordez-vous pas Comte ?

C’est ma femme vous savez. La mère de mes enfants alors… Et puis, elle ne serait peut-être plus aussi belle en vampire (rire). Je ne crois pas qu’elle serait heureuse non plus. Elle aime son travail, le soleil, pratiquer le golf, jouer dehors avec les gosses. Vous savez, ma femme est heureuse ainsi, j’ai comme des scrupules à lui enlever ce qu’elle aime tant.

Aussi quand la tentation de la mordre devient trop forte, j’attends qu’elle dorme et je sors. Je vais en ville, et je me paye la traite. Je mords, jusqu’à ne plus avoir soif. Seulement, maintenant je fais gaffe, je ne laisse personne en vie. Pas besoin de vous dire que ma femme n’aura plus jamais de meilleure amie qui viendra bavasser !
Journaliste : Oh ! Et vos enfants ? Vous n'avez pas envie de les mordre eux aussi ? Comte : NON ! Ce sont mes enfants, j’ai promis à mon épouse de ne jamais le faire. Je vais tenir cette promesse. Ne vous méprenez pas Léandre, mes enfants sont des garçons ! Je vous ai déjà dit que je ne mordais que les femmes. Journaliste : D’accord… Pour en revenir à votre femme, vous n’avez pas peur qu’elle ne meurt ? Je veux dire, elle peut avoir un accident, une maladie, et puis éventuellement elle vieillira, forcément elle ne sera pas éternelle. Que ferez-vous quand elle ne sera plus là ?

Je n’ai jamais songé à tout ça. Enfin, si un peu quand même, mais pas beaucoup. Bah ! J’imagine que ca me ferait peut-être un petit quelques chose, je ne sais pas. Si ma femme mourait, j’imagine que je la remplacerais par une autre. Ce n’est pas comme si j’étais amoureux. (rire) Vous pourriez peut-être me présenter une de vos amies.
Journaliste : Ma seule véritable amie, est mariée et heureuse. Tout comme vous elle a 3 enfants, des garçons aussi. Chez justement chez elle que je vais souper demain. Comte : (sourire) Trois garçons, quelle drôle de coïncidence. Léandre, je suis fatigué. Pouvons-nous arrêter pour ce soir ? Journaliste : D’accord Comte, comme vous voulez. Comte : Oh Léandre ! J’allais oublier, j’ai un petit cadeau pour vous… Journaliste : Un cadeau ? Pour moi ? C’est gentil, même si je ne comprends pas en quel honneur… Bon laissez moi juste éteindre ce magnétophone et je suis à vous…. (Clic) Note de la direction : Nous avons choisi, suite à la disparition de notre bien aimée Journaliste Léandre Porter, de publier la dernière entrevue qu’elle a réalisée. Veuillez noter que nous avons transcrit la totalité de l’enregistrement retrouvé chez elle. A ce jour, nous ignorons encore ce qui est arrivé à notre journaliste, mais nous sommes convaincus qu’elle aurait souhaité que son travail soit publié.

Sam Leboss