#21- Marie t'es mêlée !

Publié le par Dawawa

J’ai pleuré longtemps, énormément. J’ai pleuré dans la rue, et plus tard vêtue de mon pyjama, j’ai pleuré dans le salon de Rhonda.

 

J’ai pleuré devant elle et j’ai pleuré devant lui. Lui, qui comme il l’avait promis, était venu me rendre visite.

 

J'ai raconté, quelle sorte de femme j’étais avant. J’ai raconté toute la vérité, je n’ai rien caché. Je leur ai dit qu’avant j’étais une droguée, une prostituée, une alcoolique, qui sous l’emprise de l’alcool, devenait violente. J’ai tout déballé, même si j’avais horriblement honte, même si j’avais peur de perdre leur amitié. J’ai dit tout ça, tout en pleurant.

J’ai pleuré encore et encore. Et quand le Docteur Patrick Meilleur, s’est levé et m’a attiré contre lui, j’ai même pleuré dans ses bras.

 

À coup de bons mots, de paroles tendres et réconfortantes, Patrick parvint à me calmer. Du bout des doigts, il a essuyé mes larmes. Sur le sofa, assise auprès de lui, son bras entourant mes épaules, j’ai relaté calmement, pratiquement mot pour mot, toute ma conversation avec les vilains.

 

Il m’a écouté sans rien dire, ses yeux verts dans les miens, sans m’interrompre une seule fois. J’ai parlé si longtemps que j’avais la gorge complètement sèche.

Patrick : Je crois que ces types ont beaucoup d’imagination. Pour des hommes qui ne connaissent même pas votre prénom, ils savent bien des choses sur vous, et je doute fort de la véracité de tout ceci. Le taux de drogue et d’alcool dans votre sang était minime et je ne crois pas un instant que vous soyez une droguée et encore moins une alcoolique. Pour le reste, je ne sais pas. Je peux seulement vous dire que rarement, une femme ne m’a parue plus douce que vous. Et à voir les vêtements que vous portiez le soir où on vous a retrouvé, vous faites une bien curieuse prostituée.

 

Patrick : Si j’avais un conseil à vous donner, je vous dirais de mettre tout ceci de côté. Votre mémoire reviendra bien un jour, et seulement ce jour là, vous saurez avec certitude qui vous étiez vraiment. En attendant, vous devriez consacrer votre énergie à vous refaire une petite vie. Je sais bien qu’il est difficile de ne pas penser à cette autre vie dont vous ignorez tout. Sauf que si vous ne pensez qu’a ça, vous n’avancerez pas. Si vous souhaitez vivre, il faut vous secouer et donner une chance à cette nouvelle vie qui vous sourit.

Le docteur avait raison. Ce n’était sûrement pas en pleurant et en m’apitoyant sur moi que j’allais sortir du pétrin dans lequel j’étais. J’étais en vie, en bonne santé, je devais me prendre en main

 

Patrick me donna un tranquillisant, et me raccompagna à ma chambre. Nous avons parlé un moment encore, et j’ai promis de me reposer et de cesser de me tracasser. De son côté, il jura de m’apporter son aide, et son soutien. Il reviendrait demain, voir comment je me portais. Avant de partir, il m’a demandé s’il pouvait me tutoyer. J’ai souris, bien sûr qu’il pouvait !

 

Le lendemain, l’avenir me sembla moins sombre et avec l’aide de mes 2 nouveaux amis, les seuls que j’avais en fait, j’ai élaboré un plan d’attaque.

Premièrement, il me fallait un prénom et un nom. Si je voulais travailler, il me fallait une identité, et des papiers d’identités. Nous avons passé une soirée entière, à chercher pour moi, un nom qui me plairait et qui me ressemblerait. Je ne voulais pas d’un nom trop séreux, ni trop long. C’est ainsi, que nous avons décidé qu’à partir de maintenant je m’appellerais Marité Mailé.

 

J’étais persuadé qu’il valait mieux changer de tête. Il n’était pas question que je me balade en ville en craignant constamment que quelqu’un me reconnaisse et s’écrie : " Tiens c’est la pute, droguée et alcoolique ! ". Si j’étais vraiment ce que les 2 types prétendaient, j’avais intérêt à passer incognito. Qui sait ce que j’avais pu faire autrefois ? J’étais peut-être une criminelle ! Patrick trouvait que j’exagérais, mais Rhonda était entièrement d’accord avec moi. Valait mieux ne pas prendre de chance.

 

Rhonda me recommanda, un salon de coiffure où elle allait parfois. Je m’y suis rendue sans hésiter. Francis Zo, propriétaire et styliste réputé, coiffait régulièrement les plus grands de ce monde. Il fut ravi, lorsque je lui ai annoncé que je lui donnais le feu vert. Il pouvait faire de ma tête ce qu’il voulait.

 

Il commença par enlever de mon visage tout le maquillage que j’avais soigneusement appliqué une heure auparavant. Puis il lava et coupa un peu mes cheveux. Il appliqua ensuite une teinture sur ceux-ci. C’est ainsi que moi, Marité Mailé, suis passée de noire à rousse. Quand j’ai vu ma tête rouge, sans maquillage, je me suis demandé si j’avais vraiment bien fait, de confier ma tête à ce type.

 

Lorsqu’il eût complété son travail, je fus assez satisfaite du résultat. Ça me changeait vraiment et c’est ce que j’avais souhaité. J’avais l’air d’être quelqu’un d’autre et c’était parfait comme ça.

 

Rhonda adora le résultat ! " Tu es superbe Marité, personne ne te reconnaîtra ainsi ! " Me dit-elle.

Rhonda : J’ai hâte de voir la tête de Patrick, il sera renversé ! Il a toujours eu un faible pour les rouquines.

J’étais contente d’entendre ça. J’appréhendais sa réaction. J’avais envie qu’il me trouve belle.

 

J’ai bien vu que c’était le cas, lorsque plus tard il posa ses magnifiques yeux verts sur moi. Son regard ne trompait pas.

Patrick (me détaillant)  : Tu es spectaculaire Marité … !

J’ai immédiatement senti que le rouge me montait aux joues.

 

Nous avons passé la soirée ensemble à bavarder lui et moi, puisque Rhonda était sortie de son côté. Patrick était charmant et malgré son air sérieux, il avait un bon sens de l’humour. J’étais bien en sa compagnie, et je dois bien l’avouer, il me plaisait énormément.

 

C’est pour ça, que j’étais plutôt heureuse lorsque Patrick passa son bras autour de moi et qu’il commença doucement à flirter avec moi. J’étais enchantée qu’il s’intéresse à moi, malgré tout ce qu’il savait sur mon passé.

Je ne sais trop comment c’est arrivé, mais à un certain moment, Patrick m’a attiré à lui et m’a embrassé. Son baiser était doux et tendre. Comme s’il comprenait qu’il valait mieux ne pas me brusquer, il ne chercha pas à aller plus loin. Après son départ ce soir là, j’ai senti qu’entre lui et moi, il y avait bien plus qu’une simple amitié.

 

J’étais dès le lendemain, prête à passer à la deuxième étape de mon plan, qui consistait à me mettre à la recherche d’un emploi.

J’ignorais ce que je savais faire, si j’avais des compétences quelconques. Je les découvrirais à mesure que je cheminerais dans ma nouvelle vie.

 

En attendant, il me fallait trouver un emploi qui ne demandait pas trop d’aptitudes, ni de gros diplômes. J’encerclais celles qui me semblaient appropriées. Serveuse, plongeuse, vendeuse, réceptionniste, gardienne d’enfants. J’ai envoyé plusieurs c.v. et attendis d’être convoqué en entrevue.

 

C’est ainsi, que quelques jours plus tard, je me suis retrouvé devant le  0, rue du Gouffre, afin d’y passer une entrevue pour devenir gardienne d’enfants. Un jeune homme plutôt gentil vint m’accueillir. Il précisa qu’il dirigerait l’entrevue à la place de son père.

Ce n’était pas vraiment de cette façon, que j’imaginais que ce déroulait une entrevue. Les questions étaient étranges, et si certaines étaient faciles comme par exemple : Faites-vous de l’embonpoint ? Portez-vous des lunettes ? Rongez-vous vos ongles ? Avez-vous un handicap ?

 

Certaines étaient beaucoup plus compliquées et je fus incapable d’y répondre : Quelle marque de produit ménager Cendrillon utilisait-elle pour nettoyer le plancher  ? Quel dentifrice utilisait les 7 nains pour se brosser les dents ? Quel sorte de verni Geppetto avait-il utilisé pour vernir Pinocchio ?

Et devant une mise en situation plus que bizarre : Les enfants jouent à Rénovation Extrême et décident de se rénover entre eux à l’aide de la hache, de la scie mécanique et d’un marteau. Bien sûr, ils se font mal, et perdent chacun plusieurs membres. Devant ce fait, la bagarre éclate entre eux. De quelle façon résoudriez-vous ce conflit ? Après une longue hésitation je n’ai pu que répondre :   " Euh … "

 

Je fus donc très étonnée, lorsque le jeune homme m’annonça, que l’emploi était à moi. Même si les conditions n’étaient pas des plus intéressantes, j’étais assez fière de moi ! J’aurai à m’occuper de 4 enfants, à faire le ménage, à préparer les repas et à assister les jeunes dans leurs devoirs. Je serai logée et nourrie, et les week-ends et les soirées seraient à moi. Mon salaire serait de 200 $ par semaine pour débuter.

 

Le jeune garçon, me parla un peu de sa famille. Il était le plus vieux des 5 enfants, et allait à l’Université. Leur mère, avait quitté le foyer et abandonné mari et enfants. Tout cela était récent, et leur père était désespéré. Le père en question, souffrait d’une maladie grave et rare et était condamné à vivre dans la noirceur. Selon son fils, s’était un homme très bon et un excellent père.

 

Le jeune homme me fit ensuite visiter la maison, et me présenta plus tard à son père. Celui-ci me regarda intensément, sourit et me serra chaleureusement la main. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai pu retenir un frisson à son contact. Il est vrai qu’il faisait un peu peur avec sa peau grise. Pourtant, il n’avait pas l’air d’être méchant. Il était évident à son allure, qu’il passait par des moments difficiles. Je devais prendre mon poste 2 jours plus tard. Le temps pour moi, de ramasser mes quelques effets, et pour eux de préparer ma chambre.

J’étais plus que fière d’annoncer la nouvelle à Patrick et Rhonda ce soir là. Ceux-ci étaient très heureux pour moi. Nous avons célébré mon nouveau départ devant un bon repas, et Patrick à même ouvert une bouteille de champagne pour porter un toast à ma nouvelle vie.

J’ai fait très attention à ne pas boire trop d’alcool, juste au cas où, je deviendrais violente. Je ne peux donc pas mettre sur le dos de l’alcool, le fait que plus tard, Patrick et moi, sommes tombés dans les bras l’un de l’autre. Nous, nous sommes longtemps et passionnément embrassé, et même caressé, mais sans jamais aller plus loin. J’aimais beaucoup Patrick, mais je ne voulais pas aller trop vite et il semblait respecté cela.

Je passais la dernière journée chez mon amie Rhonda, à consulter ses livres de recettes, essayant de dénicher des recettes faciles à préparées. Pour avoir essayé de faire cuire des pâtes 2 jours plus tôt, j’avais constaté que je ne possédais pas beaucoup de connaissance culinaire. J’espérais qu’avec le temps je m’améliorerais, et que les enfants et M. Banal, me pardonneraient si à l’occasion les pâtes étaient trop cuites ou trop collantes.

 

Je venais à peine de terminer mes valises, lorsque le téléphone sonna. " Patrick sûrement " pensais-je, en bondissant pour répondre.

Marité : Allo Patrick  ?

? : Bonjour, j’aimerais parler à Mademoiselle Marité s’il vous plait.

Marité : Oui, c’est moi.

? : Bonjour mon petit, ici M. Claude Banal. Marité, je sais que vous devez prendre votre service demain, mais il y a un contretemps. Je crois qu’il vaudrait mieux, que vous commenciez chez nous seulement dans quelques jours.

Marité (déçue) : D’accord, pas de problème …

M. Claude Banal : Ne vous inquiétez pas Marité, vous l’avez votre emploi, mais voyez-vous, je viens d’apprendre que ma femme s’est suicidée, et nous l’enterrerons dans un jour ou deux …

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M
vraiment génial, j'adore continue, j'attends la suite avec impatience
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N
Je suis l'histoire de Kapa depuis le début et je trouve que cet épisode est de loin le meilleur.<br /> Maintenant, Marité à besoin de faire attention de ne pas rester avec le comte, car cette histoire de suicide est louche.<br /> J'attend la suite avec impatience.<br /> Bonne continuation.
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S
C'est vraiment génial, tu fais de mieux en mieux !!!
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F
ouahhhhh!!je désespérais d'une mise à jour, je viens sans trop y croire et je me dis : ça valait le coup d'attendre !!!merci merci c'était super ;)
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F
Je le savais ! Je sais que c'est facile à dire après coup, mais je m'en doutais ! Je me suis dit à l'époqu... oh ! cette fille rousse... c'est pas possible, ce serait trop beau que ce soit Kapa ! Et voilà...<br /> Encore un épisode extra, sur tous les plans, (en fait, je suis un peu jaloux du Dr Meilleur, il ne me revient pas celui-là, et je trouve sa coiffure ridicule, d'abord !)<br /> Le suspense que tu entretiens avec la dernière image... c'est... trop difficile à supporter ! Alors, fais en sorte de nous rassurer assez vite, s'il te plaît !<br />
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